C'est notre histoire... Notre parcours dans la procréation médicale. Les hauts, les bas de notre quotidien, au jour le jour ou presque... Pour évacuer, pour se souvenir, pour raconter plus tard à ces enfants... Pour que notre galère ne soit jamais oubliée!
Aujourd'hui, nous sommes les parents comblés de petites jumelles éprouvette. Ce blog relate également leur naissance prématurée et leur quotidien.

lundi 14 septembre 2015

Une journée douloureuse...

Allez, je viens encore me plaindre... J'en suis désolée, parce que je sais que parmi mes lectrices, il y a des mamans(ges) qui ont vécues des choses autrement plus douloureuses que ce que j'ai pu vivre. Mais à l'échelle de ma douleur personnelle, c'est le pire qu'il m'ait été amené de traverser... Vous voyez où je veux en venir? J'ai nommé... La naissance de mes filles le retour!
Tiens donc, ça faisait longtemps!


Depuis leur 1er anniversaire, je pensais sincèrement être guérie de cette naissance. Plus aucune pleurnicherie à mon actif. Je peux en parler et raconter tous les détails, froidement, sans même un trémolo dans la voix. Vraiment, je croyais qu'une fois la boucle de la 1ère année bouclée, tout allait rouler.
C'est sans compter qu'hier matin, je me suis réveiller avec un énorme oppressement. Je ne comprenais pas trop ce qui m'oppressait comme ça. Alors j'ai réfléchi. (pas très longtemps), et j'ai compris ce qui m'oppressait... L'anniversaire de mes filles. C'est terrible de me dire que cette année encore je n'arrive pas à me faire une fête de leur anniversaire. La journée s'est écoulée. En famille et amis. J'ai fait bonne figure bien qu'un peu taciturne. Mais bon, c'est passé. Les filles ont été gentilles et très gatées. Elles sont en pleine forme, en pleine santé, pleines de vie. Si pleines de vie... Je devrais savourer ce bonheur. Alors je le savoure aussi, rassurez vous! J'aime tellement les voir rire (les voir pleurer aussi parce que ça veut dire qu'elles sont là...), les voir jouer, les voir grandir.
Mais voilà, hier soir grosse crise d'angoisse. Je ne veux plus jamais être séparée de mes filles! Savez vous qu'il m'est même impossible de les mettre à garder une nuit quelque part?!
A l'époque, je ne les connaissais pas, pour être franche, je n'avais pas encore pour elles cet amour indestructible qui nous uni. Je ne les avais jamais vues. On m'avait dit "Jade doit partir ici" "Rose doit partir là"... Ok... Allez y, faites ce que vous devez faire. Et moi, je tentais de trouver les sommeil dans ma clinique de riche à grand coup de décontractants... Et je ne me rendais pas vraiment compte. Je m'en veux aussi à moi même de ne pas m'être rendue compte de l'enfer qu'on me faisait vivre. Alors que dans le fond, tant mieux. Heureusement que je ne me rendais pas compte de tout!
Toute la journée, j'ai imaginé mes deux toutes petites filles chacune seule dans son hôpital dans sa petite boite en plastique, luttant pour respirer alors que moi, leur maman, j'étais même pas là! C'est quelque chose qui à l'époque ne m'affectait pas, mais qui aujourd'hui me rend malade! Je n'étais pas là pour elles. Je les ai laissée toute seule se battre pour vivre.


Comme la nature fait parfois plutôt pas trop mal les choses, la date anniversaire étant passée, aujourd'hui je vais mieux. Je me suis levée ce matin sans cette boule au ventre, sans cet oppressement. J'espère qu'un jour je saurai apprécier cette journée d'anniversaire à sa juste valeur. La naissance d'un enfant est sensé être le plus beau jour de la vie de parents. Pour nous, cette journée reste la pire journée de toute notre vie...

7 commentaires:

  1. Bonjour, ton post me parle forcément. Tout d'abord bon anniversaire à tes filles ! 2 ans et un très beau bilan ☺. Quant à ton ressenti, tu n'as pas à t'en vouloir rétrospectivement. Qu'aurais-tu pu faire de plus ? Je me demandais s' il n'y avait pas eu des paroles malheureuses du personnel soignant comme j'en ai eu ? Florence

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    1. Coucou Florence! Je ne sais pas ce que j'aurais pu faire de plus. En fait, je crois que je m'en veux de ne pas les avoir aimées "assez" à ce moment là. Souvent avec mon homme on se dit qu'on était horrible... Mais on ne les connaissait pas! On les aimait, c'est évident. Pour rien au monde on aurait voulu qu'il ne leur arrive quoi que ce soit, mais on ne les aimait pas comme on les aime aujourd'hui. Et ça me fait culpabiliser... Je ne crois pas avoir eu de paroles malheureuses. Il me semble que tout le monde avait été plutôt gentil avec nous. Et avec toutes ces séparations, tout le monde faisait des efforts pour nous aide. Enfin je crois. C'était mon ressenti à l'époque. Qu'est ce qu'on t'a dit à toi?

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  2. Oh c'était une atmosphère particulière. Je dormais dans une chambre près de la néonatalogie à cause de ma césarienne et on avait du mal à comprendre que j'ai besoin de me reposer ( césarienne et allaitement). J'aurais dû assumer les 2 de suite y compris les nuits, toutes les 4 h. Je me suis reposée la nuit et en journée parfois histoire d'avoir des forces ☺. Normal, non ? Bref, des idiotes mais j'ai vidé mon sac à la cadre (pas étonnée par son personnel, mais bon ce n'est pas normal d'être désagréable). Pff ! Je te trouve sévère avec toi et ton mari, tes billets à l'époque reflétaient déjà ton attachement. Quant à l'amour maternel, on sait que c'est une construction. Florence

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    1. C'est franchement méchant de s'en prendre à une jeune maman à bout. Dans ma clinique de riches, si j'y étais restée et que les filles étaient nées un peu plus tard, les SF m'avaient dit qu'en effet, ils privilégiaient le repos de la maman avec des jujus. Justement pour que la césarienne se remette correctement entre autre.... Il y a des garces dans tous les corps de métier!

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  3. Oui et comme disait ma soeur, c'est leur job ! On était 3 bébés en tout dont les miens dans le service. C'est tellement mieux de rester assises à boire le café et dire du mal de ses collègues ou de la stagiaire infirmière. Stagiaire que j'ai retrouvée un jour seule dans le service néonatalogie ! T'y crois ? Cette maternité catholique jouissait d'une excellente réputation du temps des soeurs. L'ouverture aux pouffes l'a bien ternie. Et les encadrants ne sont pas à la hauteur. Un déclin annoncé. Bien triste !

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  4. Ton article résonne beaucoup pour moi... Le 1er anniversaire approche, et je ressens exactement ce que tu décris, la culpabilité a posteriori, l'amour qui a grandi, le sentiment de l'avoir laissé lutter seul au début, alors que je ne pouvais pas faire autrement... mais aujourd'hui c'est douloureux d'y repenser. Des pensées pour toi et tes 2 trésors !

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    1. Plein de pensées pour toi aussi... Les anniversaires resteront des moments un peu douloureux je crois...

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